Face à ce qui nous échappe, que nous ne comprenons pas, souvent les mots nous manquent. La tentation est alors forte, et la tendance fréquente, de ramener cet inconnu à des références existantes. D'utiliser des mots, des concepts, au risque d'enfermer tant il nous est difficile de rester dans l'observation, le constat, la réalité telle qu'elle est. Accompagner des personnes en souffrance psychiques, dont le fonctionnement et le comportement ne correspondent as à nos normes et à nos habitudes, qui peuvent être susceptibles de «sauter d'un immeuble parce que des voix vous disent de le faire" (pp. 91-92) n'échappe à cette tendance. Ainsi l'expression «maladie mentale" a-t-elle été employée, en référence à la maladie physique. Mais est-elle seulement justifiée? Correspond-elle à une réalité des personnes? Et peut-on faire autrement que de l'utiliser? Le débat est loin d'être épuisé, et les arguments séduisants, entre ceux qui disent que, pour les personnes qui...
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